Tourisme : le souffle du renouveau

De nombreux aménagements culturels et hôteliers se profilent dans la métropole amiénoise, une actualité forte, source d’attractivité touristique et économique. Comment les acteurs locaux comptent tirer profit de ce renouveau pour attirer et rayonner ?


Le Zoo d’Amiens va changer de dimension

C’est un chantier monumental qui devrait s’achever en 2024 pour agrandir le parc, le thématiser et accueillir de nouvelles espèces.

« Le zoo d’Amiens date de 1952. Dans les années 2000, il a connu quelques travaux de rénovation, mais dix ans plus tard, nous accueillions 150 000 visiteurs et les lieux n’étaient plus adaptés à une telle fréquentation », explique Christine Morrier, directrice du parc zoologique d’Amiens. Une étude menée dans l’optique de déterminer des pistes d’amélioration et de développement fait émerger l’idée en 2012 d’une rénovation totale du parc. Un grand projet qui aurait à la fois une portée scientifique, urbanistique, touristique et économique et qui pourrait faire du zoo un lieu incontournable de la ville au même titre que la Cathédrale ou les Hortillonnages. « Si nous sommes clairement identifiés au niveau national et international grâce à nos actions de recherches et de conservation des espèces, nous manquons de visibilité sur le plan touristique. Actuellement les visiteurs, essentiellement locaux, passent seulement une demi-journée au zoo », souligne Christine Morrier. La possibilité unique d’acquérir dans un même temps le Pavillon Bleu, ancienne guinguette art nouveau, la friche laissée par l’entreprise Picardie Poids lourds et l’église Saint-Firmin a achevé de convaincre les acteurs locaux du potentiel d’un tel programme.

La croisée des mondes

L’agrandissement du site d’1,5 hectare va ainsi permettre au parc zoologique de changer de dimension. Baptisé ‘’La croisée des mondes’’, le projet, dont le chantier a débuté en janvier 2019 et doit s’achever en février 2024, se composera d’un restaurant, de huit zones thématiques et accueillera 209 espèces d’ici 2025. Une transformation ambitieuse dont le coût est estimé à 42 millions d’euros. « Amiens Métropole nous a tout de suite accompagné dans cette entreprise qui peut véritablement renforcer l’attractivité de la ville. Nous sommes également soutenus par des acteurs comme le Département, la Région et l’Etat. C’est une chance rare pour un zoo de pouvoir bénéficier de tels appuis », souligne Christine Morrier.

En devenant un parc zoologique d’excellence, la structure, qui a pour objectif d’attirer 300 000 visiteurs d’ici 5 ans, souhaite séduire un nouveau public issu des bassins parisiens, lillois, rémois et au-delà. « Nous voulons élargir notre zone de chalandise, nous faire connaître au-delà du territoire local et inciter les touristes à prolonger leur séjour à Amiens », complète la directrice du parc zoologique.

Pour cela, outre un affichage ciblé et une présence accrue sur les réseaux sociaux, l’établissement mise sur un nouveau site Internet qui devrait être mis en ligne dès cet été.

(crédit Mader-AJOA-AirStudio)


Le Musée de Picardie se réinvente

Fermé depuis l’été 2017, le Musée de Picardie rouvrira ses portes en décembre. Pendant les travaux, l’institution a particulièrement soigné sa communication.

Le week-end du 14 décembre 2019, le Musée de Picardie rouvrira ses portes après deux ans de travaux. « A l’issue de cet ambitieux chantier, les Amiénois et, plus largement, les habitants de la Métropole vont retrouver leur musée agrandi et modernisé : la nouvelle entrée dans le pavillon Maignan et l’extension rue Puvis-de-Chavannes rendent plus accessible le bâtiment historique, tandis que les jardins invitent à la balade et à la visite », explique-t-on au sein de l’institution culturelle. L’ensemble des collections d’archéologie, de peinture, d’objets d’art et de sculpture seront présentées sur 5 000 m² dans une muséographie revisitée.

« Fermé depuis dix ans, le premier étage de 1 500 m² a été complétement rénové et sa scénographie place l’humain au cœur du projet : artistes, modèles, donateurs, tous sont mis en lumière dans ce nouveau parcours », ajoute le Musée.

Maintenir le lien avec le public

Souhaitant susciter la curiosité et l’intérêt du grand public mais également offrir une image ouverte et conviviale de ce haut lieu culturel, Amiens Métropole s’apprête à lancer une vaste campagne de communication.

« Celle-ci vise à toucher une large frange de la population tout d’abord locale et régionale mais aussi francilienne, nationale et internationale. Le but est de créer l’envie de venir se rencontrer, de découvrir, apprendre et s’amuser, promouvoir le musée et les beaux instants de vie et de convivialité qui attendent le public ! », explique-t-on au Musée.

Pendant toute la durée du chantier estimé à 26 millions d’euros, l’institution a mis en place plusieurs actions de communication afin de maintenir un lien fort avec les habitués comme avec l’ensemble de la population. Lettre d’information, vidéo sur les travaux présentée par Laure Dalon, directrice des musées d’Amiens, programmation allégée et hors les murs, visite de chantier, ouverture exceptionnelle pour les journées du patrimoine, partenariat avec le dessinateur Fraco… le Musée a souhaité rendre ces travaux participatifs.

« Les Petits Cabinets de Curiosités, ont contribué à rester proches des scolaires et des publics empêchés. Des dossiers de communication et de presse ainsi qu’une publication quotidienne sur Facebook ont aussi été imaginés pour l’occasion », souligne-t-on du côté de l’institution.

(crédit A. Sidoli-Musée de Picardie)


La Cathédrale d’Amiens va célébrer ses 800 ans

L’anniversaire de la Cathédrale d’Amiens est l’occasion d’organiser des festivités pour attirer de nombreux touristes supplémentaires.

« Cela fait 2 ans environ que l’évêché mène une réflexion autour des 800 ans de Notre-Dame d’Amiens. Très vite, l’envie d’aller au-delà de la communauté religieuse s’est imposée, la cathédrale étant l’emblème de la ville mais aussi de la région », souligne Nicolas Emery, Président de l’association ‘’Les 800 ans de Notre-Dame d’Amiens’’.

Depuis janvier dernier, épaulé par Jean-Baptiste Brejon de Lavergnée, à la tête de la maison de production Nations 153 et de Géraldine Thibaut, fondatrice de l’agence évènementielle Ajuste Sens, il coordonne l’organisation des festivités qui s’étaleront du 24 novembre 2019 au 22 novembre 2020. « Beaucoup de bonnes volontés souhaitent contribuer à cette année anniversaire », s’enthousiasme-t-il. Eglise, collectivités, université… tous veulent apporter leur pierre et célébrer cet édifice qui suscite un réel attachement chez les croyants comme chez les profanes. Si le programme est encore en devenir, les organisateurs ont choisi de faire des 6,7 et 8 décembre prochain le point d’orgue de cette année singulière.

« Nous envisageons l’illumination de la cathédrale par 5 000 bougies pour apporter une aura particulière à l’édifice mais également des concerts donnés par des chœurs à la renommée internationale, comme Tenebrae Choir », détaille Nicolas Emery.

Des fonds privés pour mieux rayonner

L’ambition de l’association est également de faire de la Cathédrale d’Amiens une destination incontournable, avec l’accueil de 800 000 touristes sur cette période et un million de visiteurs dans les 5 prochaines années. Outre un certain effet « Notre-Dame » qui a déjà remis en lumière l’emblème amiénois, les organisateurs ont déjà imaginé toute une stratégie de communication –relais dans les médias nationaux comme locaux, présence sur les réseaux sociaux, affichage ciblé…- pour donner un écho inédit à cet évènement. Véritable opportunité pour le territoire, cette célébration des 800 ans, dont le budget a été estimé à 240 000 € pour les trois jours de lancement, se construit aujourd’hui avec l’aide de fonds privés.  « Tout cela ne sera possible qu’avec l’appui des acteurs économiques, grands groupes comme commerçants », confirme Géraldine Thibaut en charge du Mécénat. « Il y aura forcément des retombées localement en terme de fréquentation et d’image et donc par ricochet pour les entreprises », ajoute-t-elle. En septembre une opération de crowdfounding à destination du grand public sera également lancée.

(crédit Kalalumen)


L’hôtellerie de luxe se développe

Pour soutenir le rayonnement local et répondre aux attentes des touristes, l’hôtellerie est en plein boom.

« Le manque d’offre hôtelière sur Amiens et l’opportunité d’acquérir ce bâtiment nous ont convaincus  de  nous lancer dans l’aventure », se souvient Estelle Walti qui dirige l’hôtel Marotte depuis 2012 avec son époux Olivier. Seul 5 étoiles du département, l’établissement accueille un public hétéroclite et international.

« Notre clientèle est habituée aux services et prestations haut-de-gamme, elle recherche avant tout du confort, une maîtrise parfaite des langues comme l’anglais mais aussi une expérience personnalisée. Nous sommes des facilitateurs. Nous avons pour mission de rendre leur séjour inoubliable  », ajoute-t-elle. Si les 12 chambres de la rue Marotte ont immédiatement rencontré un grand succès, le manque d’espace est rapidement devenu un handicap.

« Il y a beaucoup de projets que nous sommes obligés de mettre de côté faute d’espace. Nous ne pouvons pas actuellement accueillir de groupes ou une clientèle business », regrette Estelle Walti. Lorsque l’opportunité d’acquérir l’ancien bâtiment du Trésor public qui fait face à l’établissement actuel s’est présentée, le couple n’a pas hésité. Fin 2019, la bâtisse de 2 400 m² accueillera 22 nouvelles chambres, un restaurant, des salles de séminaire et un SPA de 800 m². « Nous allons pouvoir cibler les grandes entreprises, offrir de nouvelles prestations et aller plus loin dans les services proposés », souligne Estelle Walti. L’opération devrait également créer une quarantaine d’emplois.

Des prestations haut-de-gamme

Autre projet de taille pour Amiens, la transformation prochaine de l’hôtel particulier Bouctot-Vagniez en un complexe hôtelier de 37 chambres. « Amiens est notre projet de cœur », souligne Quentin Beauvais, responsable montage opérations hôtelières au sein de la Compagnie de Phalsbourg. Le groupe français s’intéresse aux villes qui présentent une belle croissance, notamment touristique.

Amiens a été identifiée comme telle. « Nous souhaitons nous intégrer dans le tissu hôtelier local et existant. Nous pourrons à la fois capter une demande d’affaires avec l’organisation de séminaires grâce aux équipements de l’annexe contemporaine tout en proposant un cadre exceptionnel avec les jardins et le bâtiment historique, qui pourront répondre aux attentes du tourisme de loisir », poursuit Quentin Beauvais.

Doté d’un restaurant gastronomique et d’un Spa ouverts à tous, l’établissement cible aussi bien les Amiénois, les touristes issus des bassins lillois et parisien venus pour un week-end, qu’une clientèle internationale. « Nous visons une labellisation ‘’Relais & Châteaux’’, une marque forte qui permettrait de figurer dans des packages qui offriraient une belle visibilité », souligne Quentin Beauvais qui évoque également la présentation de l’offre sur des salons professionnels nationaux et internationaux mais aussi l’importance d’être bien référencé sur des  plateformes et agences touristiques tel que Carlson Wagonlit Travel ou American Express Voyages.