Levée de fonds pour Root Lines Technology

Issue des travaux de l’UPJV d’Amiens et lancée en 2014, la société Root Lines Technology vient de lever 2 millions d’euros. La jeune entreprise de biotech amiénoise fabrique des protéines humaines à base de racines de navets, un procédé innovant qui permettra la mise au point de nouveaux médicaments à destination du marché des maladies rares. Une entreprise jeune, certes, mais un procédé qui résulte de nombreuses années de recherche.

Un concept initié à l’UPJV

Root Lines Technology produit des protéines humaines à partir des chevelus racinaires du navet dans lesquels un gène humain a été introduit. Ces protéines seront ensuite utilisées pour développer des traitements médicaux. L’entreprise est jeune, mais le concept est le résultat de plusieurs années de recherche…

Dans les années 80, le Professeur Michèle Boitel met au point un système de production de petites molécules d’intérêt à partir de racines particulières de plantes, appelées chevelus racinaires. En 2005, le Docteur Alain Huriez, médecin entrepreneur spécialiste du secteur des biotechnologies, rejoint l’aventure. Après quelques années de recherche, le procédé de production de protéines à partir de racines de navets est breveté par l’UPJV.

Afin de valoriser ces travaux et de répondre à la demande d’industriels, la société Root Lines technology est créée en août 2011, pour exploiter sous licence exclusive et mondiale, le brevet de l’UPJV.

Un programme de R&D

Au départ orientée vers la sous-traitance pour le compte d’industriels, Root Lines Technology s’est lancée en 2014 dans un programme R&D interne pour développer ses propres protéines à potentiel thérapeutique et vise désormais le marché des maladies rares.

Des thérapies existent déjà sur la base de protéines animales. Elles sont cependant onéreuses en terme de production et comportent un risque de transmission de virus à l’homme. Le procédé développé par Root Lines Technology permettrait de réduire considérablement le risque sanitaire, ainsi que les coûts de production.

Des traitements pour les maladies rares

Les recherches de Root Lines Technology s’orientent vers le traitement de maladies rares. Trois maladies sont particulièrement visées, et notamment des maladies lysosomales, pour lesquelles Root Lines Technology est en train de développer un traitement.

Les maladies lysosomales sont des maladies héréditaires qui se caractérisent par un mauvais fonctionnement au niveau des lysosomes, de petites structures situées dans les cellules qui interviennent dans le métabolisme. Cette anomalie d'origine génétique entraîne une accumulation de métabolites (composés organiques) et une mauvaise élimination des déchets.

On compte une cinquantaine de maladies lysosomales et environ 300 nouveau-nés affectés chaque année. Les lésions provoquées par ces dysfonctionnements (plus ou moins graves selon les cas) peuvent affecter divers organes. Sans traitement, l’espérance de vie moyenne est d’une quinzaine d’années.

Une levée de fond de 2 millions d’euros

Ayant démontré le potentiel thérapeutique de son procédé, Root Lines Technology souhaite désormais l’industrialiser, et développer des protéines encore plus innovantes. D’où sa récente augmentation de capital, à hauteur de 2 millions d’euros, dans laquelle le fonds régional Picardie Investissement a misé 200 k€. A cela s’ajoute des investisseurs privés, ainsi que des aides publiques, via Bpifrance et la Région Hauts-de-France.

« Grâce à cette levée de fonds, nous allons aller plus loin dans la caractérisation de nos protéines à potentiel thérapeutique et les emmener jusqu’à des partenariats industriels, mais également en produire de nouvelles et industrialiser nos procédés. » Marina Guillet, directrice générale de Root Lines Technology.

Les premiers partenariats avec l’industrie pharmaceutique sont espérés d’ici deux ans.

Root Lines
www.rootlines-tech.com

Légende photo : Au centre Marina Guillet, directrice générale, Joséphine Hicter, responsable business development (à gauche) et Florian Cardon, responsable laboratoire (à droite). Crédit Benjamin TEISSEDRE.